Le complexe funéraire de Khéops

 

Khéops (ou Chéops) (vers 2590-2565 av. J.-C.)

Khoufou (tables d'Abydos)

Fils de Snéfrou et de la reine Hétéphérès, Chéops (Khoufou en égyptien) est le deuxième pharaon de la IVe dynastie.

Paradoxalement, on ignore presque tout de ce roi si célèbre. Hormis les récits d'Hérodote, qui sont parfois un peu fantaisistes, aucun document important identifiant Khéops avec certitude ne nous est parvenu, si ce n'est une petite statuette en ivoire de 8 cm de haut...

 

Statuette de Khéops (Musée égyptien du Caire).

 

Notre connaissance réelle du personnage se limite à ses travaux à Gizeh, nécropole inaugurée sous son règne, où il se fait édifier une sépulture superbe installée le long des marges nord du plateau. Suivant les idées amorcées par son père à Dachour, son complexe funéraire comprend une pyramide, puis, partant de la face est, un temple funéraire (visible à l'état d'arasements), une chaussée montante (détruite) et un temple de la vallée (détruit).

De part et d'autre de ces différentes structures s'organisent les fosses de barques (conservées), les pyramides de reines (conservées) et les cimetières abritant les sépultures des hauts dignitaires du royaume ou des membres de la famille royale (conservés). On distingue trois nécropoles civiles autour de la pyramide : le Cimetière Est est spécialement réservé aux personnalités du règne de Khéops (fils, filles, reines, hauts fonctionnaires...); le Cimetière Ouest, le plus imposant du plateau de Gizeh, abrite des centaines de mastabas dans les quels sont enterrés des personnages issus de différentes classes sociales ; le Cimetière Sud ne compte que neuf mastabas, non identifiés pour la plupart.

La pyramide de Khéops

Sur le plateau de Gizeh, Khéops possède la plus grande pyramide d'Égypte, considérée par les Anciens comme la Première Merveille du monde antique.

La pyramide de Khéops.

Parfaitement orientée vers les quatre points cardinaux, elle repose sur une base de 230 m de côté et mesure, aujourd'hui, 137 m de haut. Un revêtement en calcaire de Tourah, destiné à rendre les faces totalement lisses, couvrait à l'origine la pyramide et portait sa hauteur totale à 146 m. Il fut arraché à l'époque arabe et ne subsiste qu'en de très rares endroits au pied de l'édifice. À lui seul, le monument compte 2 350 000 blocs, d'environ 1 m3 chacun, et couvre une superficie de 53 000 m2 pouvant contenir, dit-on, la basilique Saint-Pierre de Rome ou l'abbaye de Westminster. La véritable prouesse technique réside dans l'angle de ses faces qui atteint 51°50 ; sur la "pyramide rouge" de son prédécesseur à Dachour, il n'était que de 43°22. Le résultat est saisissant : la pointe de l'édifice semble atteindre le ciel, but maintes fois recherché par les constructeurs de pyramides.

Intérieur de la pyramide

Plan de la pyramide de Khéops.

Quant au plan interne de la pyramide, il relève au moins de trois étapes successives. Au départ, on aménage un caveau souterrain de petite taille, dont l'accès s'effectue par un long couloir étroit et pentu. Avant même d'avoir abouti, le projet est abandonné et on opte alors pour une chambre dans le corps de la maçonnerie, improprement appelée "Chambre de la Reine", inachevée elle aussi par suite d'un nouveau changement de plan. On décide donc de prolonger le corridor conduisant à cette deuxième tentative manquée, par une galerie, communément appelée la "Grande Galerie", admirable et spacieuse, de 46 m de long sur 8,50 m de haut, conduisant à une petite salle en granite coiffée d'un savant dispositif de chambres de décharge prévu pour diminuer les poussées : la "Chambre du Roi", soit le caveau de Khéops. L'ensemble est admirable et témoigne d'une maîtrise parfaite des techniques architecturales tout comme des méthodes de construction. Là, repose le sarcophage monolithe dont le couvercle a disparu. On ignore les raisons qui ont incité les architectes à modifier l'aménagement des chambres intérieures à plusieurs reprises : décision royale, contraintes techniques ou peur d'une violation de la tombe ? En l'état actuel des recherches, nul ne saurait de dire.

Hypothèses pour un conduit

La barque solaire de Kheops

La pyramide de Khéops et le musée abritant la barque royale.

De part et d'autre du temple funéraire de Khéops apparaissent des cavités naviformes destinées à recevoir les barques du roi. Flottes de bateaux, flottilles ou barques isolées figurent de manière constante dans les complexes funéraires royaux sans que l'on puisse réellement expliquer leur utilisation ou leur symbolique : intimement liées au voyage diurne de l'astre solaire, elles constituent sans doute le moyen de transport utilisé par le roi pour se promener dans le monde inférieur.

Les barques retrouvées en 1954 dans les fosses de Khéops dépassent, en taille et en beauté, toutes les embarcations mises au jour en Égypte. Certains problèmes de restauration n'ayant pu être résolus à ce jour, seule l'excavation sud a été ouverte. Quarante et une dalles en calcaire recouvraient une cavité de près de 31 m, dans laquelle reposait une barque en bois de cèdre du Liban. Trop imposante pour loger dans la fosse qui lui était réservée, elle avait été démontée et rangée en pièces détachées. Ce puzzle de 650 éléments totalisant 1 224 pièces de bois a nécessité 14 ans de travail. Ni clous, ni chevilles : tout a été assemblé avec des cordes d'alfa. Elle mesure 43 m de long sur 5,90 m de large. Elle est équipée de douze rames (une paire de rames en poupe et, à l'avant de la cabine royale, cinq paires de rames) dont la longueur varie de 6,50 m à 8,50 m.

Aujourd'hui, la barque royale se dresse dans un musée spécialement conçu à son intention et situé au sud-est de la pyramide.

La barque solaire de Khéops.

Actualités

Fin février 2007, Hani Hanna, directeur de l'International Conference on Heritage of the Naqada and Qus region, présente un rapport sur l'état désastreux de conservation de la barque solaire : elle souffre de l'humidité, des variations de température, de la lumière (UV) et de la pollution. Il met en cause l'inadaptation de l'actuel musée (inauguré le 6 mars 1982) avec notamment ses baies vitrées et les dégâts causés par les nombreux visiteurs (plusieurs centaines par jour) sur des galeries construites trop près de la barque.
Peut-être est-il question de transférer la barque dans le futur musée en cours de construction à Gizeh ? Un comité scientifique doit décider des mesures à prendre pour sauvegarder cette barque exceptionnelle datant de plus de 4600 ans et qui était restée plus de 45 siècles bien conservée dans sa cavité avant sa découverte en 1954.

 

Pour une vue originale des pyramides, en particulier celle de Khéops, depuis son sommet (où vous n'irez jamais) et à l'intérieur (comme si vous y étiez) :

Visite des pyramides de Gizeh

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